Lettre de Marcelin Cailleau du 24 juin 1917

vendredi 5 avril 2013
par  Bruno Blanchet

Dans cette longue lettre, Marcelin Cailleau explique qu’en ce moment de fête d ela St Jean, il préfèrerait être à Taizé. Il se rappelle les fêtes des années passées. Il explique aussi qu’il a hâte d’être en permission et informe sur les bombardements des avions allemands.

Le 24 – 6 17

Chers parents

Aujourd’hui jour de
la St Jean, je serais bien mieux
à me promener à Thouars que
d’être ici. Voilà la troisième
St Jean que je passe dans ce
métier là. Je ne sai pas si
sa sera la dernière. Je le voudrais
bien mais ce n’est pas encore bien
sur si c’était en temps de paix
ce serai bientôt fini. Ce soir j’ai
reçu votre lettre me disant que vous
aviez reçu le colis que je vous ai
envoyez. Je ne me rappelle pas si
je vous ai dis que je vous envoyais
un colis. Enfin il est rendu c’est
le principal. Je l’ai envoyé gratuitement.
J’avais quatre chemises allors j’ai
préféré en envoyer deux que de les
jetées. J’ai bien assez de deux chemises.
Le sac est toujours assez plein car
c’est nous qui devons le porter.
J’ai reçu le billet de 5 Frcs. J’ai été
bien content, malgré que j’en avais
pas encore grand besoin. En ce moment
on trouve l’occasion dans manger
un peu plus car on trouve tous ce
que l’on a besoin. Allons quand on est
à la main de ce soigner on ce soigne.
On tâche d’améliorer l’ordinaire
Nous sommes toujours à Fismes. Je
ne sais pas si nous y resteront encore
bien longtemps on entends parler de
rien. Ce que je voudrais bien c’est
d’entendre parler de permission mais
on n’en parle guère en ce moment
mon tour n’avance pas bien vite.
Je trouve le temps long pourtant
je vous assure. Peut-être vers le
14 juillet. Enfin j ne peut pas le
dire car je ne sais comme comme
il en partira. Qu’ils m’envoyent donc
pour tout a fait sa voudra mieux
il y a bien assez longtemps que je
suis au front. Enfin il viendra peut
etre ce jour là. Chers parents vous me
dites que vous n’avez pas tout à fait
fini de rentrer vos foins et que maintenant
sa ne sèche pas vite. Je veux bien le croire
car par ici c’est pareil il y a de l’orage
tous les jours. Pour nous on aime bien
mieux ce temps là car les Boches ne
peuvent pas venir nous rendent
visite avec leurs avions. S’il faisait beau
temps ils viendraient nous jetés des bombes
sur la gueule (comme l’on dit en militaire).
Voilà huit jours que l’on est à Fismes
ils ne sont pas encore venu et on ne
demande pas a ce qu’ils viennent car
c’est des vilains oiseaux. Allons chers
parent je ne vois plus grand chose
à vous dire pour le moment. Je vais
finir ma lettre et après j’irai entendre
la musique. Comme c’est aujourd’hui
dimanche, la musique fait concert.
C’est bien beau mais je préfèrerais entendre
les chevaux de bois à Thouars comme
il y a quatre ou cinq ans. Je ne
pensais pas beaucoup à la guerre à
ce moment là. Allons au revoir chers
parents je termine en vous embrassant
de tout cœur.

Votre fils qui vous aime
M Cailleau

Si Camille est encore en ferme vous
lui souhaiterai bien le bonjour de ma part
ainsi qu’à tous les patrons.


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