Lettre de Marcelin Cailleau du 27 janvier 1916

dimanche 9 juin 2013
par  Bruno Blanchet

Marcelin Cailleau est à l’arrière. Il y raconte son quotidien avec les manœuvres et l’ennui lorsque le soir arrive, l’écriture des lettres étant le seul passe temps.
Il raconte son espoir d’avoir une permission au mois de février afin de pouvoir profiter de la viande de cochon fraîche.

Le 27 janvier 1916

Chers parents

Ce soir je vous écrit
une petite lettre pour passer
le temps je ne sait pas quoi
faire. Comme nous mangeons
la soupe à quatre heures
et que nous avons rien à faire
après l’on écrit pour passer
le temps. Si s’était un beau pays
l’on pourrait aller se promener
en ville. Mais c’est un pays
a peu près comme Bilazais
même pas si beau car dans le
nord les maisons se trouvent
à cinq cents mètres les
unes des autres et c’est des maisons
toutes construites en terre.
Et avec ça le vin est trop
cher pour aller en boire à
l’auberge surtout que je l’aime
pas beaucoup.

Chers parents je vous dirai
que j’ai reçu les photographies
à Léon. Il n’a pas l’air de
se faire trop de mauvais sang
car il rit tant qu’il peut.
Il a eu de la chance après son
malheur car il n’a pas été
longtemps en tranchée. Enfin moi
j’aime encore mieux rien
attrappé.

Chers parents vous me dites que
vous devez tuer votre cochon cette
semaine. Je voudrais bien pouvoir
m’y trouver pour manger de la
bonne viande fraîche. J’espère bien
que je ne serai pas longtemps
quand même à partir.

J’espère qu’au dix février je
serai à Taizé. Je n’en suis pas
encore bien sur car dans ce
métier là on ne sais jamais
rien à l’avance. Enfin si je
suis arrivé le dix février je crois
que les boudins ne seront pas tous
mangés que vous m’en garderez
quelques-uns.

Je vous assure que je
l’attends avec impatience cette
permission que j’en parle tous
les jours. Si je pouvais seulement
m’y trouvait comme Marcel je
serais bien content de pouvoir le
revoir.

Allons chers parents je suis
toujours au repos a Caprennes
auprès d’Abbeville nous faisons
des manœuvres tous les jours nous
faisons des attaques souvent mais nous
n’avons jamais de pertes ce n’est
pas bien dangereux. Le Général Joffre
vient voir notre manœuvre de temps
en temps, mais si s’était en première
ligne nous le verrions pas souvent.

Allons chers parents je ne vois
plus grand-chose à vous dire pour
le moment je vais aller me
coucher avec mes camarades qui
s’appellent les poux. C’est nos
plus grands camarades l’on en a
toujours quelques uns. Enfin l’on ne
s’en fait plus on y est tellement
habitué

Allons en attendant de vous
voir je vous embrasse de tout cœur.

Votre fils qui pense toujours à vous.

M. Cailleau


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